Chaîne des Puys, Cézalier et GTMC: 3 jours de Bikepacking dans les Volcans d’Auvergne
3 jours, 9 amis et 165 km de VTT, voici dans les grandes lignes le programme d’un week-end de bikepacking dans les volcans d’Auvergne. L’occasion également pour Ben et Flo, fondateurs de Compagnon, de tester deux nouveaux montages tout-terrains. Retour dans cet article sur cette micro-aventure automnale inspirée par fameuse GTMC: Grande Traversée du Massif Central.

Jour 1 – Clermont-Ferrand > Besse – 75,8 km 2140 m D+: Bikepacking à travers la chaine des Puys
Retrouvailles, Compagnon Tout-terrain et grosse montée
Le départ est donné, samedi matin 10h, dans la maison où Loïc, qui nous a concocté cet itinéraire, a grandi. Nous sommes au total 9, un joyeux mix de différents groupes d’amis gravitant autour de ce Clermontois. Il y a des amis d’enfance auvergnats, des amis d’études et quelques pièces rapportées, comme Ben, mon associé et fondateur de Compagnon. Lui habitant Lyon et moi Hambourg, on n’a pas l’occasion de se voir souvent. C’était l’opportunité parfaite pour se retrouver.
Ben n’est pas venu les mains vides, il a ramené deux Compagnons, montés spécialement pour l’occasion ! Avec des pneus larges en 650b, l’un est avec une fourche et tige de selle suspendue et l’autre rigide est avec une fourche carbone et un cintre surly corner bar (retrouvez notre article sur le cintre Corner bar ici). L’idée est de tester deux montages tout-terrains diamétralement opposés pour étudier leurs comportements et les pousser dans leur retranchement. Réponse dans 2 jours !
Les premiers kilomètres annoncent la couleur : 600 m de dénivelé en 10 kilomètres sur un chemin de randonnée. Plus le temps de papoter tranquillement ni d’avoir froid, voici déjà la première difficulté du week-end. Et les conséquences se font directement sentir : Théo casse sa chaîne d’un VTT de location. Et figurez vous que ça ne sera pas la seule du week-end ! Heureusement, Ben est là, mécano vélo, qui n’avait pas prévu de faire autant d’heures supp’ sur ce week-end.


Chaîne des Puys, Single tracks et fromages d’Auvergne
Passé ces premiers émois, nous voilà rapidement sur les hauteurs de la chaîne des Puys, partie nord de cette chaîne des volcans d’Auvergne. Les paysages sont magnifiques. À travers forêts d’épicéas, fougères et champs de vaches, cette trace variée nous fait passer au cœur de cette chaîne de volcans.






Le groupe avance bien tout comme le temps, qui passe plus vite qu’on ne le pense. L’heure du déjeuner est déjà largement derrière nous et les voix s’élèvent pour une pause afin de refaire des forces. « OK, juste une courte montée et une descente et nous mangerons à Orcival ». Ah, je m’en souviendrai de cette montée… Avec des passages à presque 20 %, que ces 1,5 km à 13 % de moyenne me parurent interminables ! Je finis en poussant le vélo et avec des crampes dans chaque jambe. Finalement, le voilà ce restaurant, l’Ajasserie d’Orcival qui nous régalera de spécialités et fromages locaux et qui saura nous réchauffer.




VTT, nuit tombante et dérailleur cassé
On repart le ventre bien rempli. 15h approchent, et nous n’avons fait que la moitié des 80 km prévus pour la journée… Je pensais naïvement que 80 km s’avaleraient facilement en une journée. Mais je ne m’étais pas rendu compte de la différence de progression entre le gravel et le VTT. Bref, il ne faut pas traîner d’autant plus que le temps se couvre et les températures tombent. C’est peu après, au niveau du Puy de la Croix Morand, que le vélo de location de Théo décide de le lâcher définitivement. La patte de dérailleur arrière se casse… Même Ben et son expérience ne peuvent rien. Sans maillon rapide, impossible d’ouvrir la chaîne proprement pour le passer en single speed… Heureusement, un du groupe était juste là pour la journée et devait se faire récupérer à quelques kilomètres de là. Un échange de vélo plus loin, et nous voilà repartis à 8.



Raccourci, Moyen-Âge et Réconfort
La lumière du jour commence à faiblir et Il reste encore 30 km de pistes à faire. L’objectif: arriver à Besse où notre auberge, l’Hostellerie du Beffroy, nous attend. Je n’ai toujours pas vraiment digéré la montée d’Orcival quelques heures avant. Alors pour moi la décision est prise, je coupe par la route et prends au plus court pour me raccourcir d’une dizaine de kilomètres. Florian (un autre Florian !) se joint à moi. Le soleil approuve ce choix et perce entre d’épais nuages alors que nous filons pleine balle sur l’asphalte de routes départementales sinueuses.
Une fois arrivé à l’auberge, nous avons tout le temps de profiter d’un bain et d’une bière locale et de nous réchauffer à la cheminée de la salle à manger aux allures médiévales. Le reste du groupe arrivera presque deux heures après nous, une fois la nuit tombé et après avoir bien puisé dans leurs réserves d’énergies pour certains…. L’heure est maintenant au réconfort pour tout le monde autour d’une grande tablée et d’une potée auvergnate, spécialité locale. Joli clin d’oeil pour conclure la journée, le chef nous prépara un dessert spécial cycliste avec une petite seringue de remontant à s’injecter dans le gosier !





Jour 2: Besse > Dienne – 67,5km 1460 mD+ : La traversée du plateau du Cézalier, paradis pour l’aventure à vélo
Soleil, cèpes et chemins boueux
Cette deuxième journée s’annonce plus facile avec du soleil, et moins de dénivelé. Et surtout, nous traverserons le magnifique plateau du Cézalier, un vrai coup de coeur.
Au départ, les températures jouent encore les 0 degrés. Mais après un bon petit déjeuner et réchauffés par les rayons du soleil, l’équipe est d’attaque et motivée! Nous sommes à nouveau 9 depuis que Ringo nous a rejoint la veille pour les deux derniers jours restants.


Le matin nous disons au revoir aux Puys en passant par le lac Pavin et de Montcineyre. C’est après ce dernier que nous nous engageons dans une forêt dense et grasse. Les chemins sont détrempés et défoncés de sillons boueux marqués par les engins forestiers. On poussera les vélos de longues minutes dans ce bourbier, nous laissant le temps de saliver à la vue des nombreux de girolles et cèpes.



Le Cézalier: Voyage à vélo entre Écosse et Mongolie
Juste après Compains, nous attaquons une courte mais abrupte montée: celle pour accéder au plateau du Cézalier. Situé à 1000m d’altitude, ce plateau déploie ses vastes étendues d’herbe rase, façonnées par l’érosion volcanique et le passage des troupeaux. Ici, pas de sommets escarpés mais un paysage ondulé, presque infini, où le regard et le temps se perdent entre collines douces et pâturages d’altitude. Un vrai air de steppes mongoles, dépaysagement assuré!



C’est au bar resto “O 4 Coins d’auvergne” à la Godivelle que nous reprendons des forces en milieu de journées, avec des fromages et charcuteries locales, cette fois-ci dans une omelette géante.
Nous continuons notre traversée du plateau lorsque le groupe doit prendre une nouvelle pause, forcée par la caisse d’une nouvelle chaîne d’un des vélos de location. Ben réussira une nouvelle fois à détordre le dérailleur et à remettre le vélo sur pied pour nous permettre de continuer, mais le stock de pièces de rechange et l’état général des vélos de locations est au plus bas, il faudra tenir jusqu’au bout!




Gravel direction le Puy Mary
Entre cette boue et ces casses de chaînes, nous n’avons fait que 25 km à la mi journée sur les 70 prévus pour cette journée. Personne n’a encore une fois envie de finir de nuit comme la plupart la veille, alors on passe à la vitesse supérieure et on décide d’éviter certaines sections de VTT en passant par des routes départementales. Cela marche et nous rattrapons vite notre retard, suffisamment pour nous octroyer une dernière sortie de route: l’arrivée à Dienne en coupant à travers champs et en suivant un chemin de randonnée. Une dernière descente sublime avec vue sur le Puy Mary qui vient conclure une excellente journée.
Nous passerons la nuit chez Cécile et Jacques qui ont restauré leur maison en chambre d’hôtes “Monts et Délices”. Un accueil des plus chaleureux, un peu comme si la bande de pote se retrouvait chez les parents d’un ami.






Jour 3: Dienne > Neussargue – 21,4 km 280m D+: fin de voyage à vélo sans dérailleur
Hospitalité, Grisaille et Système D!
Dernière journée de cette micro-aventure, ou plutôt demi-journée, puisque le plan est de récupérer un train à la gare de Neussargues à midi pour rentrer sur Clermont et boucler cette boucle.
Le départ est sous la grisaille et l’humidité. Cécile et Jacques, nos hôtes, sauront nous réchauffer de leurs sourires et leur bonne humeur. Nous aurons le droit à une photo de groupe par Cécile et à une séance de nettoyage de vélo dans le jardin organisée par Jacques. Merci encore à eux pour cet accueil des plus chaleureux !


Le programme devait être des plus tranquilles sans pression du temps car nous avions prévu suffisamment de marge avant notre train. C’était sans compter un dernier tour de farce des transmissions des vélos de location. Le dérailleur arrière de Dimitri explose encore une fois en montée après seulement 2 km, cette fois-ci sans chance de le sauver. La solution est radicale : Dimitri finira sans chaîne, en roue libre. La stratégie est simple mais brutale : courir à côté du vélo dans les montées, le pousser sur le plat et foncer dans les descentes. Cette solution payante nous permettra de finir le parcours (principalement en descente) sans encombres ni retards.



PMU, vélo-train et Compagnon validé
Nous arrivons en avance à Neussargues. La fin de matinée se passera à la terrasse du PMU local à gratter des tickets banco et à manger le pâté en croûte. Une vision simple mais efficace du bonheur !
Un coup de train, et nous voilà de retour à Clermont-Ferrand chez Loïc. Pas le temps de traîner. Il faut nettoyer les vélos, refaire les valises et remettre les voiles direction nos chez-nous respectifs.
Un week-end haut en dénivelé, beauté du paysage et camaraderie. Merci Loïc pour cette trace léchée et cette organisation presque sans accrocs 😉








Pour Compagnon, ce week-end a également été la révélation du Compagnon tout-terrain. En particulier le montage tout rigide avec la fourche carbone, pneus larges en 650B et cintre surly corner bar. Un montage dynamique et confortable qui permet de passer partout et de bien relancer sur les routes et chemins plats. Un combo gagnant dont nous vous parlons ici et qui est dès à présent disponible sur notre site internet !